Démarche artistique

Comment naître et se déployer dans ce monde multi-dimensionnel ? Qui mieux que la nature peut nous montrer le chemin ?

L’univers végétal est le terrain d’exploration plastique et créatif de Muriel Kerba. Son travail réinterprète les formes organiques de la nature en utilisant des techniques très variées : la sérigraphie accumule les strates colorées, le papier ciselé fait naitre une illusion de vibration, et le dessin trace des états de germination ou d’éclosion. Chaque procédé est au service d’une expression du vivant pour traduire notre quête de croissance et de lumière.

Ces graines, germes, bulbes, racines, branches n’ont pas d’états d’âmes. Seule une incontournable force de vie les traverse. La démarche plastique de l’artiste est du même registre. Sans pudeur, instinctive, envahissante, elle a pour vocation de s’exprimer au grand jour.

Cette nature, infinie source de vie, a tant à nous enseigner. Comment lui redonner sa place ?

Bio

Muriel Kerba est surtout reconnue pour ses sérigraphies en tirage unique et ses papiers découpés aux mille et une entailles visant à retranscrire la lumière comme source de vie.

Dans son processus sérigraphique l’artiste se calque sur le caractère cyclique et répétitif de la nature. La genèse de chaque tirage se construit sur plusieurs mois par couches successives riches et colorées. Tandis que ses papiers ciselés avec précision et patience, sont le produit d’un geste où la main mène la danse et où le temps passé ne compte pas.

À travers l’univers végétal, l’artiste interroge la nature et nous fait explorer un monde multi-dimensionnel où la métamorphose œuvre jour après jour par petites touches.

Ses figures organiques dénuées d’états d’âmes surgissent sans pudeur de manière instinctive et envahissante. Chaque cellule, graine, germe, bulbe et bourgeon est traversé par une incontournable force de vie que Muriel Kerba nous invite à considérer comme notre alter ego.

Histoire d’artiste

J’ai 7 ans, je pars au ski pour la première fois de ma vie. Immédiatement le bruit, le groupe, l’équipement, la cantine, tout m’oppresse et je tombe malade. Tant mieux, je peux rester dans la chambre toute la journée, souvent seule. On m’apporte de quoi dessiner. Une grande boite de feutres et je passe la semaine comme ça. Un moment hors du temps, hors des cris, hors du grand cirque… Tout est calme et simple.  

Avant même le lycée, je manifeste mon envie d’entrer dans une école d’art. Fin de seconde le conseil de classe me propose une voie scientifique. Mon père s’enflamme sur cette orientation prestigieuse et la crise éclate. Contre l’avis général je persiste : ce sera un bac géréraliste et des études artistiques sinon rien. Déterminée, j’entre alors à Penninghen, école d’art dite très exigeante. Le choix est juste, et j’en ressors 5 ans plus tard diplômée.

Je découvre la vie de graphiste avec quelques doutes. Quatre ans après avoir été engagée par un formidable directeur artistique, celui-ci meurt brutalement. Entre deux maquettes, il me voyait souvent griffonner et m’incitait à aller plus loin. Deux mois après sa mort, je m’effondre. Je réalise que je fais fausse route. Je ne vais pas passer ma vie devant un écran, rivée à un clavier. Je veux retrouver une activité artistique plus charnelle et avoir ce contact intime avec la matière. J’ignore encore comment, mais c’est décidé, je retournerai à mes pinceaux !  Cliquez ici pour accéder à l’histoire complète…